Home / Afrique / Football, sport et business , un peu d’histoire .

Football, sport et business , un peu d’histoire .

Rappelons-nous ce que disait George Orwell au début du 20e siècle, « Le sport, c’est la guerre sans les coups de feu ».Pourrait-on dire aujourd’hui la même chose , ou cela s’est-il transformé en guerre économique, qui dessert accessoirement des intérêts politiques locaux  ?

Si on refait un peu d’histoire, la phrase » un esprit sain dans un corps sain » est plus proche de la pensée protestante que catholique. Le rapport au corps ou projet éducatif global incluant le sport, est historique et permanent dans les universités Britanniques et Américaines, alors qu’il était assez peu présent dans les pays catholiques. L’Italie catholique fut la première à faire exception, pays reconnu pour le sport dit sobre et discipliné, a vu son église prendre le sport sous son aile après la libération. Le Vatican possédé d’ailleurs depuis 1945, « La Gazzeta Dello sport » le magazine Italien du sport

Quant à la France, le monde de l’éducation considérait que le sport était considéré comme « déséducatif » alors qu’une certaine gauche estimait le sport comme une pratique « bourgeoise ».

Le Parti Communiste Français tenta semble-t-il de racheter le « Tour de France » au groupe Amaury, enfin, les dirigeants du PCF tentèrent aussi d’être proches des grandes équipes de foot, cela sans succès.

Alors qu’en Angleterre le football est depuis la fin du XIX e siècle, une industrie se devant d’acheter, de vendre et de générer des profits, en France c’est en fait plutôt une idéologie reflet de la société, on l’a vu Le 12 juillet 1998, avec « toute la France », dite ivre de joie, fêtant sa première victoire en Coupe du monde derrière son équipe Black-Blanc-Beur, censée symboliser l’intégration, on l’a vu aussi avec la grève de l’équipe de France de football lors de l’épisode de Knysna, on l’a vu encore récemment avec les controverses sur le racisme .

Sans vouloir assommer de chiffres, l’organisation de la coupe du monde 1998 aurait couté au Comité Français d’Organisation près de 380 millions d’euros, et aurait généré près de 430 millions d’euros de recettes. Bien sur cet évènement a aussi nécessité des investissements colossaux, dont près de 400 millions pour le Stade de France dont 50 % financé sur fonds publics. En général l’INSEE ne note pas d’impact significatif sur la consommation des ménages pendant ces grandes compétitions européennes ou mondiales, on assiste plutôt à des substitutions d’achats ou à des anticipations.

Que devra-t-on retenir de cet EURO 2016, c’est tout d’abord qu’il y aura 24 équipes au lieu de 16 précédemment. Cela justifiera 51 matchs au lieu de 31, enfin cet Euro se déroulera sur une semaine de plus que les précédents. Ce changement de paramètres devrait permettre d’augmenter les Recettes de 40%

De la Valorisation des clubs de football.

PSG : Nous n’oublierons pas dans ce « sport business »la vente du total PSG, en juin 2011, à QSI, du prince Cheikh, Tamim bin Hamad Al-Thani, qui était le seul candidat à la reprise, admettait alors à l’époque le patron d’Eurazeo, associé à Colony Capital au sein de Colyzeo, le fonds d’investissement propriétaire du PSG avant la venue du Qatar.

Cette vente aux Qataris faisait suite à la vente en avril 2006, du club, par Canal + à un trio d’investisseurs méconnus du grand public et des supporters du club : Colony Capital, Butler Capital Partners (deux fonds d’investissements) et Morgan Stanley, une banque d’affaires anglo-américaine. Morgan Stanley revendit ses 33 % durant l’été 2009, Colony Capital avait  alors l’obligation de les acquérir… faute d’acheteurs.

La vente aura couté à QSI 40 millions pour les premiers 70 %., et 29 millions d’euros pour le solde de 30 %.

FC Sochaux : Le groupe PSA Peugeot Citroën a officiellement confirmé le 6 juillet 2015 la cession du FC Sochaux à la Société chinoise Ledus. Le président De Ledus Monsieur Li Wing Sang, souhaite faire du FCSM une marque internationale pour approcher de nombreux marchés». Le club de football figure de l’élite française (66 saisons), avait  été relégué en Ligue 2 en 2014, il devient ainsi le premier en Europe à passer sous contrôle chinois. Ledus, est la filiale de la société Tech Pro Technology Development domiciliée aux îles Caïman, est cotée à la bourse de Hong Kong.Le montant de la transaction n’est pas encore connu !

 

 

Il semblerait que cette « industrie » qu’est le sport n’apparait pas encore comme un « business » en France, aucun plan gouvernemental global, ne semblant vraiment s’y intéresser. Les américains et les anglais ont eux déjà intégré cette donnée.

Il faut dire que les chiffres sur cette activité, semblent être très fragmentés en France, non consolidés, (nous vous en communiquons de quelques-uns  dans ce billet). Dans cette « industrie », il apparait que, comme souvent, les allemands et les anglais démontrent beaucoup plus d’intérêts, pour le business du sport. Les anglais  ont eux  créé une structure, nommée UK sport, structure qui regroupe les grands évènements sportifs, les relations internationales (diplomatie) et aussi la performance sportive. Notre idéologie nous interdit peut être de considérer le sport comme un business ?

Si on s’intéresse à l’Europe, il y a aujourd’hui, un peu moins de deux milles équipementiers, générant près de cinquante milliard d’euros de chiffre d’affaires (indirect), proche de trois % du PIB européen, et employant cinq millions de personnes !

Globalement, le marché mondial (revenus directs & indirects) du sport est proche de 450 milliards de dollars , (Directs 125 Mds ,indirects 325Mds) avec une croissance moyenne, depuis la crise , de plus de  3.5%, supérieure à la croissance moyenne des secteurs marchands, ce marché comprend(direct) la billetterie, les droits TV, le sponsoring, le merchandising, et bien évidement (indirect) la construction & maintenance, achats d’équipements et les impôts et taxes .

Les entreprises du sport, en général présentent une rentabilité bien supérieure aux entreprises des autres secteurs marchands, elles se doivent d’être compétitives & innovantes, il y a encore dans ce secteur de nombreuses pépites sous capitalisées, présentant des perspectives motivantes.

Cette activité, peut être liée aussi bien sûr, au développement touristique, un investissement dans un club à forte notoriété, vous permettra de consolider votre investissement en créant, un centre de soin ou de remise en forme, une thalasso, dont l’activité/saisonnalité ne sera pas liée aux compétitions.

Alors que nous avons comme souvent un savoir-faire, pas toujours bien exploité en France, Roland Garros, Le Tour de France, Le Vendée Globe etc. … le secteur public, investit de moins en moins, dans le business sport, il est temps de regarder ces dossiers, avant que les grands groupes mondiaux, ne les reprennent.

Quelques Chiffres sur le marché mondial du sport, revenus directs seulement :

Total Monde : 125 milliards de dollars

Amérique du Nord : 50 milliards de dollars

Europe + Moyen Orient + Afrique : 43 milliards de dollars

Asie Pacifique : 23 milliards de dollars

Amérique du Sud : 9 milliards de dollars

Provenance des recettes en pourcentage : entrées 32 %, sponsoring 32%, droits TV 24%, et merchandising 13%.

Les citoyens du Monde, ont tous aujourd’hui un temps disponible, plus important à ce qu’ils avaient auparavant, ce temps libre, rencontre une tendance, la convergence, le rapprochement entre le sport, et, les spectacles et divertissements, ce qui explique qu’en septembre 2015, la filiale sportive du groupe Lagardère, qui s’appelait alors, Lagardère Sports, ai changé de nom pour devenir Lagardère sports and Entertainment !

Les citoyens du monde sont aussi des consommateurs, d’où la très forte augmentation depuis quelques années, du sponsoring et des droits TV, qui sont des sources de revenus publicitaires pour les chaines. Il est néanmoins clair que le développement d’outils numériques mesurant l’impact du sponsoring de ses évènements sportifs sur les achats, est nécessaire, car encore aujourd’hui, on mesure mal, le retour sur investissements.

Ce qui a aussi tendance à se développer, dans le domaine sportif, comme pour les spectacles, c’est le « mix » des actions « post-évènements » cela permet d’approcher les fans et supporteurs, de faire du buzz sur les réseaux  sociaux vecteurs de consommation, et surtout de créer des bases de données intelligentes, qui permettront bientôt de qualifier ces nouveaux prospects. Toujours le numérique.

Ne pas oublier, qu’aujourd’hui, pour de grands évènements sportifs, très couteux en salaires des grandes stars sportives, on peut encore remplir les stades, les arènes, ou les circuits, mais l’augmentation du prix des billets, peut avoir bientôt un effet dissuasif, en parallèle, les sponsors si ils se trouvent confrontés à des difficultés pourraient revoir leurs budgets à la baisse, enfin la corruption de certains opérateurs, ou sportifs, pourrait aussi freiner « l’envie » la motivation, des supporteurs. Les chaines de télévision, quant à elles, et grâce au numérique, vont être de plus en plus performantes dans l’analyse de leur R.O.I. le montant des droits de transmission qui s’est envolé, pourrait atterrir, les arbres ne montent pas au ciel, dans cette activité, comme dans les autres !

Des acteurs en France :

En France nous n’avons pas de structure gouvernementale « France-sports » mais nous avons Lagardère Unlimited, filiale de marketing sportif et d’entertainment du groupe Lagardère.Les agences de marketing sportif de la division, Sportfive, World Sport Group, IEC in Sports, Sport Marketing and Management, Lagardère Unlimited Stadium Solutions et Lagardère Unlimited Inc., sont donc devenus Lagardère Sports, une agence de marketing sportif globale (marketing, sponsoring et relations Publiques, création de contenu, gestion de droits médias, production et distribution, conseil aux marques, activation et services digitaux, gestion de stades, représentation d’athlètes, gestion d’événements…).Quand à Lagardère Live Entertainment, il regroupe maintenant toutes les activités de divertissement. Les agences de Lagardère Sports ont été intégrées, et forment désormais un réseau de plus de 60 bureaux répartis dans 25 pays.

Chez Lagardère, Le sport & entertainment représentait en 2014, 27% de l’activité en Allemagne, 20% en Asie Australie, 14% en France, 8% en Amérique du Nord et, 7% en Grande Bretagne.

Nous avons aussi un nouvel intervenant dans le « sport business » La structure CITY EVENTS qui s’annonce comme un forum où se construit le sport de demain. Cette plateforme internationale devrait permettre à l’ensemble des acteurs de se rencontrer pour imaginer et développer les leviers de croissance de ce marché dynamique.

Cette structure est dans la galaxie de Live de GL Events (GL Events, un des premiers acteurs mondiaux du secteur) c’est l’agence de conseil stratégique et opérationnel en communication événementielle Live a été créé en janvier 2014 par le rapprochement de trois entités : Alice événements, Market place et Package. Live a plus de 100 collaborateurs spécialisés dans l’organisation d’événements, la gestion de projets ,le conseil éditorial, la conception-création, la scénographie, ainsi que la logistique, une spécialité de GL Events. Repucom & UKTI, sont des partenaires de City Events.

Conclusion :

Comparé à de nombreuses activités, Le sport business a toujours un avenir radieux devant lui, cela, tant que le prix des entrées ne sera pas totalement dissuasif, on imagine mal, les chaines de télévision payant des montants prohibitifs pour retransmettre des compétitions qui se jouent dans des stades vides, le sport est un business comme les autres !

Check Also

Cout des faibles taux d’intérêts

Cout des faibles taux d’intérêts C’’est l’Allemagne avec ses 600.00O employés bancaires qui a été ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *