Home / europe / Comprendre la crise agricole.

Comprendre la crise agricole.

 

Généralités :

Comprendre la crise du «business-modèle » agricole.

Après avoir longtemps occupé le rang de 1er ou 2ème exportateur mondial, devant ou derrière les Etats Unis, la France n’est plus aujourd’hui, que le 4/5e exportateur mondial de produits agricoles, ex aequo avec le Brésil et avec l’Allemagne. (L’Allemagne nous a déjà dépassé sur certains secteurs, comme le porc)

L’agriculture étant un business comme les autres, elle mérite les mêmes analyses, et, les mêmes anticipations très en amont, dans les décisions à prendre ….  

La France compte encore aujourd’hui 515 000 exploitations agricoles, mais en 20 ans, leur nombre a baissé de plus de la moitié, ce sont les secteurs laitiers, de la polyculture et du poly-élevage qui ont subi les plus fortes baisses.( Il y avait 2.300.000 exploitations agricoles il y a 60 ans). Les petites exploitations restent néanmoins, les plus nombreuses mais leur part s’est réduite de 10 points en 20 ans. Ce sont ces petites exploitations qui sont bien sûr le plus en danger, et qui vont continuer à disparaître en silence.

Si on s’intéresse à l’écologie, et a l’entretien des terres, en deux décennies, la superficie agricole utilisée  des exploitations a perdu près de 1,7 millions d’hectares (Superficie de la France : 67 millions d’hectares)

Le revenu d’un agriculteur français d’exploitations «moyennes et grandes» s’établissait en 2013 à 25.500 euros en moyenne par an » Ce chiffre prend en compte les aides reçues par les agriculteurs grâce à la Politique agricole commune, PAC qui leur a permis, la plupart du temps de dégager un revenu positif. Enfin la part des exploitations ayant des revenus inférieurs à 10.000 euros s’est accrue, confirmant l’appauvrissement des agriculteurs. Pour certains, un retour au prolétariat paysan du XIX e siècle, chaque jour un agriculteur se suicide !

Marchés :

N’oublions pas que le but de l’agriculture, dont l’élevage, c’est de ne nourrir l’humanité, mais, bien sûr, l’agriculture, c’est aussi un business comme les autres !

Que va devenir démographiquement l’humanité dans les 25-30 prochaines années , la population mondiale, devrait passer de 7.7 à 9.7 milliards, mais surtout la répartition va totalement changer !

L’Asie ne représentera plus que 51% au lieu de 61%, l’Afrique va faire un bon de 13 à 25% ! Les Amériques vont être quasiment stables de 14 à 13%, et, l’Europe va passer de 12 à 7%.

L’Afrique va, elle, passer de un milliard d’habitants aujourd’hui, à 2.40 Milliards, l’agriculture aura donc à nourrir deux milliards d’habitant de plus, dont 1.4 milliard d’africains de plus en 2040/2045.

Sachant que L’Afrique (notre voisine) doit déjà aujourd’hui faire face au problème du déficit en nourriture à long terme, problème, qu’a rencontré l’Inde au dans les années 60. DE surcroit, Il faut noter, que les pays africains n’allouent déjà pas suffisamment de fonds à l’agriculture et, que, la productivité globale du continent est en baisse depuis le milieu des années 1980.A cause en partie de la PAC, sa part dans les exportations agricoles mondiales a régressé, passant de 6 pour cent dans les années 1970 à 2 pour cent en 2007 »,

Sachant aussi, que moins on a d’argent plus on le dépense pour se nourrir. Des études, permettent, en outre de cerner entre les inégalités qui existent entre pays  d’Afrique, face à l’augmentation du prix des denrées alimentaires. Ces études indiquent aussi que les pays qui dépensent le plus en nourriture sont ceux qui sont le plus vulnérables à la malnutrition.

Classement du Budget nourriture, le Cameroun  arrive en tête avec 45,9 % du budget des familles consacré à l’alimentation, en 2012. Il est talonné par le Kenya (44%), l’Algérie (43,7%), Egypte (42,7%). Le Nigeria et l’Afrique du Sud, bien que les plus riches du continent, figurent aussi dans le tableau avec respectivement 39,5% et 19,4%.

Considérant que le  revenu moyen par habitant  en Afrique Sub-Saharienne  est d’environ 2.200 dollars par an, le budget maximum alloué à l’alimentation est donc d’environ 1.010 dollars par an ! En France, un ménage consacre en moyenne  15% de son revenu  à l’alimentation

Il est donc de notre devoir de s’intéresser à ce continent très proche de nous, dont le secteur agricole est peu développé, 1.4 Milliards d’africains de plus générerons bientôt, 1.400 milliards de plus d’achats par an, (hors inflation) provenant de l’agriculture et de l’élevage.

On sait aussi, que les exploitants agricoles africains pourraient augmenter la production de denrées alimentaires si les pays voisins levaient les restrictions au commerce transfrontalier (intra-africain) au sein du continent. L’Afrique pourrait générer  ainsi plus de 20 milliards de dollars de recettes annuelles supplémentaires si ses dirigeants parvenaient à s’entendre pour supprimer les obstacles à la redynamisation du commerce régional. Néanmoins malgré les investissements chinois et indiens dans l’agriculture en Afrique, ce continent restera dépendant des importations pour encore certainement de très nombreuses années. (A mettre en perspective 20Mds, par rapport à 1.400 milliards)

Il faut aussi tenir compte, qu’au cours des cinq dernières années, le monde a connu trois épisodes de flambée des prix des aliments, dus entre autres aux conditions météorologiques. Les sécheresses sévissant dans certaines régions du monde ont compromis la production céréalière quasiment tous les deux ans depuis 2007. Ailleurs, les inondations ont également causé de graves dommages aux cultures. La conversion des cultures vivrières en agro-carburants et la spéculation financière ont joué également un rôle déterminant dans la hausse des niveaux de prix et de la volatilité. (Lorsqu’on spécule, on adore la volatilité)

Très récemment, et à cause du phénomène El Niño, courant chaud équatorial du Pacifique, qui réapparaît tous les cinq à sept ans, courant d’une forte intensité, causant à la fois des sécheresses dans certaines zones et de graves inondations dans d’autres, les mois d’octobre, novembre et décembre 2015 ont été les plus secs depuis 35 ans en Afrique australe. La plupart du maïs a flétri avant même d’arriver à cinquante centimètres. Cette partie de l’Afrique va devoir faire face à des pénuries massives, le seul Zimbabwe (sous embargo) dont on parle peu en France, devra importer 1,5 million de tonnes de maïs, aliment de base de sa population.

Enfin, la saison des pluies, correspondant à l’été austral, s’achève traditionnellement au mois d’avril pour laisser place à cinq mois de saison sèche, laissant présager une aggravation de la situation d’ici la fin de l’année 2016. Ces phénomènes climatiques sont de plus en plus violents, et, se produisent de plus en plus souvent

 

 

 

Demain, notre France voudra-t-elle/pourra-t-elle prendre part à ce nouveau marché, devenu en grosse partie LOW COST ?

Porc : Le prix du porc est fixé au marché de Plérin – la Bretagne représente 60 % de la production de porc en France . La tendance nationale des prix, est fixée sur ce marché, les abattoirs revendent la viande en fixant les prix de gré à gré. Avec la globalisation, tout cela certainement va voler en éclats !

Bœuf : Pour le bœuf, le prix d’achat est négocié entre éleveurs et négociants ou abatteurs. L’organisme public, France AgriMer, calcule une tendance moyenne à partir  des prix d’achat déclarés par les abatteurs. Avec la globalisation, tout cela va certainement voler en éclats !

Lait : La moitié des éleveurs travaille avec des entreprises sous la forme de contrats quinquennaux, l’autre moitié, vend à des coopératives. Le centre  interprofessionnel de l’économie laitière participe à la fixation de ces prix. Les produits issus du lait, beurre, poudre de lait, fromages, est, lui, fixé au niveau mondial, globalisation.

Céréales : On parle de crise alimentaire mondiale depuis 2008. On a assisté cette année-là à une forte augmentation des prix du riz, du blé, L’indice des prix a été encore plus haut en 2011 ! En fait, la crise est continue depuis 2008 : les prix ne sont quasiment jamais retombés. C’est le cas en particulier pour les céréales, le sucre et le maïs .On est là en plein dans la globalisation.

Il faut noter qu’avant, sur ces marchés, un certain nombre de systèmes permettaient de garder des prix stables. On garantissait des prix de vente aux producteurs. En Europe, par exemple, quand le prix mondial du lait passait en dessous du prix plancher, l’Union européenne achetait le lait et le stockait, ce qui maintenait le prix élevé. Quand les prix flambaient, l’Union déstockait, ce qui faisait baisser les prix. Les Etats-Unis faisaient de même.

Prix aujourd’hui :Aujourd’hui, tous suivent les prix mondiaux, prix mondiaux qui sont de plus en plus volatiles. Ils sont déterminés par la petite partie de la production qui est exportée dans le monde. Or, sur ces marchés agroalimentaires, il y a des très gros acteurs capables d’influencer très fortement les prix, enfin la spéculation joue en outre une influence décisive sur les prix.

Solution à court terme : Une des solutions immédiates, mais sans avenir,  serait de reprendre en Europe les mécanismes de stockage-déstockage, avec des prix garantis aux agriculteurs, afin d’éliminer les spéculateurs : si les prix ne varient plus, aucun intérêt de parier dessus. C’est ce que nous faisions, et c’est en partie, pour cela que l’activité agriculture c’est écroulée en Afrique, à cause des subventions à nos agriculteurs vendant à perte ! Le bonheur des uns fait le malheur des autres !

Conclusion :

Nos politiques ne prennent que des décisions court-termistes, qui privilégie l’obtention d’un gain immédiat au détriment du résultat futur ,cela pour éteindre les incendies,(blocages des routes et préfectures par les agriculteurs) alors que, nous nous retrouvons, là encore, en France, devant un problème quasi insoluble, car essentiellement idéologique, des décisions courageuses sont indispensables, sans être manichéens, j’ai bien peur qu’il nous reste que deux solutions, soit, nous encourageons l’établissement en France de très gros acteurs agricoles (fermes de x milles vaches, de x milles porcs… hyper agro-industriels céréaliers, maraichers, etc.)et, ceux-ci jouerons un rôle mondial important, quasiment indispensable à l’évolution démographique, dans les 20/30années qui viennent, mais adieu, écologie, traitement humain des animaux, élevages à l’air libre, adieu fin des pesticides, soit nous continuons comme aujourd’hui, et le nombre d’exploitations sera encore divisé par deux en 20 ans, nous aurons alors, 5-6% des sols en jachère, un bien pour la faune sauvage, mais la plupart des français( ceux qu’on appelle les classes moyennes) ne pourront même plus se payer, nos produits agricoles de très grande qualité, ou bio, produits en France, qui seront alors en grosse partie, exportés vers des pays beaucoup plus riches que nous …

La question est simple : que choisissez-vous ?

PS : si vous vous intéressez à la démographie, voir mon billet : vieillissement, démographie et croissance. (Plus de 7.500 vues)

Bernard JOMARD Consultant Conférencier bj@abusinesstabloid.com

 

Check Also

Influencer how to make your posts viral and pulls in more than $ 100 000 each year

Influencer how to make your posts viral and pulls in more than $100.000 in ad ...